Poulet sous-vide

Eh, salut, ça va ? Depuis la dernière fois où j’ai publié sur ce blog oublié de Dieu, j’ai fait l’acquisition d’un cuiseur sous-vide, et du coup, je fais le kéké parce que ça veut dire que j’ai au moins 2 ou 3 saisons de Top Chef France d’avance sur vous, vous qui jouez avec votre fumoir à foin (tas de nullos). Du coup, j’expérimente les cuissons lentes et contrôlées, les viandes juteuses et les oeufs parfaits. C’est super pour épater la galerie et ne jamais foirer certaines cuissons. J’aime cet ustensile d’amour (mais moins que le rice cooker, faut pas déconner non plus).

Bon, raconté comme ça, la cuisson sous-vide semble super gadget (d’autant plus qu’un circulateur domestique reste un ustensile onéreux), et vous avez raison dans une certaine mesure. J’aurais été très heureux dans ma vie à continuer à faire bouillir mes oeufs dans une casserole et à cuire ma viande à la poêle. D’ailleurs, si j’ai pas le temps, je fais ça. Cependant, la cuisson sous-vide permet d’explorer d’autres pistes culinaires. En contrôlant les températures de cuisson au degré près, on peut faire ressortir de nouveaux goûts et créer de nouvelles textures. En outre, certains avanceront que la cuisson sous-vide est plus saine, impliquant moins de matières grasses (si tu veux faire le plein de protéines pour bencher de ouf), sans dénaturer le goût (les aliments cuisent dans leur propre jus, sans entrée d’eau supplémentaire).

Dans tous les cas, je suis encore un bébé cuiseur sous-vide. Je m’amuse avec la cuisson des oeufs. Mais quand il s’agit de cuissons de viande, je me réfère soit à Internet, soit au bouquin Sous-vide at home, chouette livre de cuisine sous-vide (dispo uniquement en anglais pour l’heure, hélas), où on nous apprend à cuisiner une grande variété de plats, avec des astuces pratiques claires et des photos attractives. C’est là que j’ai chopé la température adéquate pour la cuisson de mon blanc de poulet.

Ingrédients pour une personne

  • Un blanc de poulet
  • Une marinade au choix (on va y revenir)
  • C’est tout, y’a quoi ?

Les étapes de la recette

  1. Faire mariner le poulet : Si la cuisson va préserver la jutosité de la viande, c’est la marinade qui va lui donner du goût (et préparer le processus de cuisson si vous y mettez suffisamment d’acidité). Faites donc la marinade qui vous plaît, l’important étant qu’elle comprenne un élément gras et un élément acide. Voici quelques exemples coolos simples mais toujours délicieux. Les mesures sont au pif, je compte sur vous pour être intelligents et raisonnables sur les dosages. Je leur donne des noms géographiques genre on est sous la IIIe République genre :

    • Marinade méditerranéenne : huile d’olive, jus de citron, herbes au choix (thym, romarin), ail haché (facultatif), sel et poivre.
    • Marinade portugaise : vin blanc, ail haché, laurier, huile d’olive, sel et poivre.
    • Marinade japonaise : sauce soja, sake, mirin, huile de sésame, poivre sansho (facultatif – j’écrirai un post sur mon amour pour le poivre sansho un de ces quatre).
    • Marinade thaïlandaise : sauce soja, huile d’arachide, gingembre frais haché, citronnelle (facultatif), sauce poisson.
    • Marinade au caca : DU CACA MDRRRRRRRRRRR

    Vous mélangez bien les ingrédients de la marinade ensemble, puis vous ajoutez la viande, et vous l’enrobez bien, et vous laissez reposer un peu, histoire que l’acidité fasse son petit travail.

    Au bout de 30 minutes (par exemple), vous mettez votre viande dans un sac congélation avec un zip, et vous allez sceller ce sac sous-vide. Pas besoin d’appareil coûteux (surtout que vous avez claqué votre budget alimentation des 3 prochaines semaines pour acquérir ce foutu cuiseur sous-vide), la poussée d’Archimède fera le job. Pour cela, c’est très simple : munissez-vous d’un récipient assez vaste pour contenir votre sac de viande. Remplissez le récipient de flotte. Puis, tout doucement, vous allez plonger votre sac ; au fur et à mesure, la pression de l’eau va entraîner un déplacement d’air suffisant. Une fois arrivé presque en haut de votre sac, refermez-le avec le zip. C’est magique. Si on chasse l’air pour faire le vide (et la cuisson sous-vide), c’est pour pouvoir immerger les produits dans l’eau chaude. S’il y avait de l’air, d’une part les éventuels dégagements de vapeur des aliments en cuisson feraient gonfler le sac (allant potentiellement jusqu’à l’explosion), et d’autre part, le sac flotterait à la surface de l’eau et on serait bien embêtés.

  2. Cuire le bouzin : Votre viande scellée, vous allez lancer le bain de cuisson. Munissez-vous d’un récipient adapté (comprendre : assez vaste, et qui peut supporter des températures supérieures ou égales à 100°C – j’ai pour ma part opté pour une grosse boîte alimentaire de plus de 10 litres, en polypropylène, parce que c’est efficace et pas trop cher), remplissez-le de suffisamment d’eau, puis plongez le circulateur, et paramétrez-le : 60°C, pendant 1h15.

    L’appareil va se mettre en marche, et va commencer à chauffer le bain de cuisson. Le principe d’un circulateur est le suivant : l’appareil est équipé d’une sonde et d’une résistance. La sonde va détecter la température de l’eau, pendant que la résistance va la chauffer progressivement. Lorsque la sonde détecte que la température désirée est atteinte, un jeu d’équilibriste entre sonde et résistance va se mettre en place pour maintenir l’eau à température constante, permettant des cuissons au poil. Donc quand l’eau atteint les 60°C (votre appareil, s’il est bien fait, bippera), plongez votre sac scellé de viande, et, pour plus de sécurité, fixez-le à l’aide de pinces aux bords de votre récipient.

    Vous pouvez alors vaquer à vos occupations pendant 1h15 : jouer aux jeux vidéo, réfléchir à un nouvel article de blog, danser sur le même morceau en boucle parce que vous êtes tout seul chez vous et qu’il y a personne pour juger… Vous êtes libre.

  3. Manger : Au bout du temps de cuisson, l’appareil va bipper à nouveau (normalement). Ca veut dire que c’est prêt. Comme le poulet est une viande blanche, il n’est pas forcément nécessaire de la laisser reposer ici. Vous pouvez donc sortir le blanc de poulet de son sac, le dresser sur une assiette, et le dévorer comme un carnassier.

    Là, j’ai accompagné mon poulet (à la marinade méditerranéenne) de sigeumchi muchim (aka épinards assaisonnés coréens), pour ajouter du vert et me donner bonne conscience. Pour préparer le sigeumchi muchim, faites blanchir une bonne quantité (500 grammes, je dirais) d’épinards (frais si possible). Quand les feuilles sont flétries par la cuisson, égouttez-les, et refroidissez-les immédiatement à l’eau froide courante. Une fois qu’ils sont froids, essorez-les au maximum pour extraire le plus d’eau possible. Ensuite, assaisonnez : huile de sésame, sel, poivre, ail haché très fin, graines de sésame. C’est une salade fort goûteuse et limite boisée. Mais la star du repas, ça reste le poulet. Regardez-moi ça :

    La cuisson lente, sans agression, laisse la viande juteuse à souhait. C’est très bon-licieux. Et ne faites en aucun cas la marinade au caca.

3 réflexions sur “Poulet sous-vide

    • Je n’ai pas de casserole suffisamment grande, en fait. Pour le circulateur que j’ai, il faut un niveau minimum d’eau pour qu’il puisse fonctionner efficacement. Avec la poussée d’Archimède lorsque j’introduis les aliments sous-vide, ça peut vite devenir le bazar. Du coup, j’ai préféré ce bac, plus pratique et plus vaste.

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  1. Pingback: Marinades estivales | MONGEY LA NOURRITURE

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